Jacques Saly, sculpteur du roi Louis XV

En 1753 le sculpteur Jacques Saly signe et date son chef-d’œuvre, la statue en marbre de L’Amour essayant une de ses flèches. Cette œuvre lui avait été commandée un an auparavant par la marquise de Pompadour, favorite de Louis XV. Elle fut présentée au roi en personne le 11 août 1753, avant d’être installée au Salon de l’Académie au Louvre pour être exposée au public pendant un mois.

Jacques Saly était devenu sculpteur du roi lorsqu’il fut agréé en 1750 à l’Académie royale de Peinture et de Sculpture. Recommandé par le grand sculpteur Edme Bouchardon, Saly fut appelé par le Danemark en 1753 afin d’exécuter la statue équestre du roi Frédéric V et fonder à Copenhague l’Académie des beaux-arts. Il ne revint en France qu’en 1774, deux ans avant son décès.

Une merveille de l’art français

Malgré la brièveté de l’activité de Saly en France, celle-ci fut riche de commandes prestigieuses. Son chef-d’œuvre demeure L’Amour essayant une de ses flèches que Madame de Pompadour présenta dans ses trois demeures préférées : les châteaux de Crécy et de Bellevue qui se trouvaient aux environs de Paris et l’hôtel d’Evreux, le futur palais de l’Elysée. Inaccessible depuis plus de deux siècles, car caché dans des collections privées, l’Amour de Saly fut révélé au public en 2002 lors de l’exposition Madame de Pompadour et les arts au château de Versailles. Il fut déclaré par l’Etat Trésor national en 2006.

Chef-d’œuvre de l’art français par la délicatesse de sa composition et la virtuosité de son travail du marbre, la statue brille aussi grâce à son piédestal qu’il n’a jamais perdu depuis l’origine. Ce dernier fut exécuté par le grand sculpteur ornemaniste Jacques Verberckt, auteur de somptueuses boiseries aux châteaux de Versailles et de Fontainebleau, et par ailleurs ami de Saly. Il est d’ailleurs tout à fait remarquable que deux sculpteurs du roi se soient associés pour la réalisation d’une commande.

Pour l’exécution de cette œuvre spectaculaire, Saly a donné le meilleur de lui-même et déployé tout son savoir-faire. Sa réapparition en France est une occasion inespérée pour mieux faire revivre son auteur, un sculpteur fin, attentif à l’art de son temps.